
Réseau mondial pour les droits économiques, sociaux et culturels
Le Réseau international pour les droits économiques, sociaux et culturels est né en 2003. Il s’agit d’un mouvement mondial pour faire des droits humains et de la justice sociale une réalité pour tous les êtres humains et pour la planète.
Définition
C’est une initiative collective composée d’organisations et de personnes issues de différentes régions du monde, qui œuvrent pour la justice économique et sociale à partir d’une approche fondée sur les droits humains, en mettant un accent particulier sur les droits économiques, sociaux et culturels, ainsi que sur leur pleine exigibilité, protection et réalisation effective.
Le Réseau mondial pour les droits économiques, sociaux et culturels rassemble 300 membres issus de mouvements sociaux, d’organisations de défense des droits humains et de défenseur-e-s présents dans 80 pays, afin de construire le monde que nous souhaitons. Il mène des actions de plaidoyer, facilite l’échange d’informations, renforce les capacités de communication et de recherche de ses membres, et conçoit des stratégies pour faire face aux multiples formes d’injustice.
À travers des actions collectives, nous promouvons la solidarité entre régions et communautés, dans le but de contribuer à la construction d’un mouvement mondial qui défende les droits humains, promeuve la justice sociale et encourage la durabilité de la planète. L’ATFD est membre de ce réseau et représentée par Najoua Baccar.
Naissance
Le Réseau a été créé en 2003 lors d’une réunion tenue à Chiang Mai, en Thaïlande. Cette rencontre inaugurale a réuni des mouvements sociaux pendant trois jours, consacrés à l’examen d’une série d’injustices mondiales liées aux entreprises et à la financiarisation, aux plans d’ajustement structurel et aux accords commerciaux imposés par le Fonds monétaire international, y compris par la force militaire.
La réunion a également donné lieu à l’élection du premier conseil officiel du Réseau, composé de membres attachés à l’égalité entre les femmes et les hommes et à l’équilibre régional, et à l’intégration des mouvements sociaux. Elle a vu l’adoption d’un document de gouvernance guidé par les principes du Réseau, traitant des héritages du colonialisme et du système patriarcal, et soulignant l’importance des mouvements émergents issus des communautés lésées.
Ont ensuite été formalisés le groupe de travail sur les femmes et les droits économiques, sociaux et culturels, puis le groupe sur le contentieux stratégique, aux côtés du groupe sur les mouvements sociaux. Ces efforts ont été complétés l’année suivante par les groupes sur la responsabilité des entreprises et sur la politique économique.
Les membres
Le Réseau est dirigé par ses membres, répartis dans 80 pays. Il rassemble 300 membres issus des mouvements sociaux, des groupes de peuples autochtones, des organisations de défense des droits humains, des organisations féministes et environnementales, des syndicats indépendants et des défenseur·e·s.
Depuis plus de vingt ans, ses instances offrent aux membres des espaces de construction de la solidarité et de mise en relation de leurs luttes dans les différentes régions, pour affronter les défis structurels qui minent les droits humains. Les membres mobilisent l’action collective pour transformer les structures économiques, sociales et politiques injustes.
L’ATFD dans le Réseau
Représentante de l’Association Tunisienne des Femmes Démocrates auprès du Réseau mondial pour les droits économiques, sociaux et culturels.
L’ATFD a rejoint le Réseau en 2016. La même année, le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux y a également adhéré, représenté par Mounir Hassine.
Objectifs
À travers le Réseau et par l’action collective, nous :
Menons des actions de plaidoyer.
Facilitons l’échange d’informations.
Renforçons les capacités des membres en matière de communication et de recherche.
Concevons des stratégies pour faire face aux multiples formes d’injustice.
Renforçons la solidarité entre les régions et les communautés.
Contribuons à la construction d’un mouvement mondial qui défend les droits humains, promeut la justice sociale et soutient la durabilité de la planète.
Méthodes de travail
Ce sont les membres qui élaborent et orientent les efforts du Réseau. Ils travaillent ensemble au sein de groupes thématiques, où ils échangent leurs analyses, définissent les stratégies et conduisent les actions collectives. Le Secrétariat facilite cette coopération en organisant des réunions périodiques, en ligne et en présentiel, réunissant des membres de différentes régions pour fixer les priorités des groupes de travail et établir les stratégies annuelles.
Les membres ont donné une priorité croissante à l’exploitation de la force diverse et collective du Réseau pour affronter des défis et des crises complexes et imbriqués. Plusieurs initiatives associent désormais différents groupes de travail : la lutte pour les droits humains liés à la terre et la justice climatique, l’opposition à la domination des entreprises sur les institutions gouvernementales et les processus de décision, et la promotion des droits économiques, sociaux et culturels en situation de conflit.
Les groupes de travail
Responsabilité des entreprises
Défendre les droits humains affectés par les activités des entreprises : renforcement des règles, réparation des préjudices et lutte contre l’emprise des entreprises sur les institutions publiques. Le groupe plaide pour des législations garantissant la responsabilité en cas de violations et développe des outils d’éducation politique.
Femmes et droits DESC
Depuis plus de vingt ans, ce groupe œuvre à l’égalité substantielle à l’intersection des droits des femmes et des droits économiques, sociaux et culturels, pour placer les revendications des leaderships féminins populaires au cœur des politiques publiques, des évolutions juridiques et des alternatives systémiques.
Contentieux stratégique
Élargir l’accès à la justice en matière de droits économiques, sociaux, culturels et environnementaux devant les juridictions locales, régionales et internationales : appui aux recours collectifs, promotion de l’exécution des décisions favorables et diffusion des précédents utiles aux défenseur·e·s.
Environnement et droits DESC
Promouvoir la justice climatique par l’action collective fondée sur les droits humains, avec une approche multidimensionnelle et une analyse féministe des causes structurelles de la crise climatique : plaidoyer, campagnes, apprentissage mutuel et contentieux.
Politique économique
Produire une analyse critique du système économique mondial du point de vue des droits humains, contester les structures et politiques injustes du capitalisme, et développer des modèles économiques et de développement alternatifs donnant la priorité aux droits humains, au bien-être des peuples et à l’environnement.
Mouvements sociaux
Fédérer les mouvements sociaux issus des différentes régions : peuples autochtones, personnes d’ascendance africaine, paysan·ne·s, militant·e·s des droits des femmes, syndicalistes et communautés organisées, qui partagent les enseignements de la lutte et de la résistance pour consolider la solidarité et l’analyse collective.
Système de solidarité
Le système de solidarité mobilise la voix collective du Réseau lorsque des membres ou leurs communautés font face à des menaces ou à des attaques imminentes en raison de leur défense des droits humains.
Les actions de solidarité prennent des formes variées, définies au premier chef par les membres menacés et par les membres qui partagent leur contexte. Elles accordent une attention particulière aux menaces spécifiques et disproportionnées auxquelles font face les défenseures des droits humains et les groupes exposés à des persécutions anciennes.
À la suite d’une visite de solidarité internationale organisée du 10 au 17 août auprès du peuple garifuna au Honduras, réunissant plus de onze organisations d’Amérique latine, des Caraïbes, d’Amérique du Nord et d’Europe, la justice a définitivement acquitté cinq défenseurs de l’organisation OFRANEH, poursuivis injustement.
Le Réseau a par ailleurs condamné le raid militaire mené le 1er décembre 2025 contre les bureaux de La Via Campesina en Palestine, et a relayé la déclaration de solidarité avec l’ATFD après la suspension de ses activités par les autorités.
Conseil et Secrétariat
Le conseil du Réseau, composé de sept membres, est élu tous les trois ans par les membres et parmi eux, sur la base des principes d’équilibre régional, d’égalité entre les femmes et les hommes et d’intégration des mouvements sociaux.
L’équipe du Secrétariat facilite le dialogue stratégique entre les membres et coordonne leur travail collectif. Le bureau principal se situe à New York, aux côtés d’une équipe répartie dans plusieurs régions.
Plan stratégique 2025-2029
En septembre 2024, le Réseau a tenu à Chiang Mai son assemblée stratégique mondiale, avec plus de cent membres, pour renforcer les luttes collectives en faveur de l’autodétermination, forme de résistance face au capitalisme néolibéral imbriqué au patriarcat, au racisme, au colonialisme et à l’impérialisme.
Fondée sur la Charte commune de lutte collective, rédigée en 2016 et actualisée depuis, cette rencontre a permis d’évaluer la position du Réseau face aux défis mondiaux croissants et de tracer son orientation stratégique. Elle a abouti au plan stratégique et de développement institutionnel 2025-2029, articulé autour de huit « étoiles guides » : des visions communes du changement radical à atteindre au cours des cinq prochaines années.
Les peuples et les mouvements renforcent leur pouvoir, dirigent les processus de décision, mettent fin à la domination des entreprises et revendiquent leur droit à l’autodétermination et à la souveraineté face aux gouvernements, aux entreprises et aux élites économiques.
Les mouvements populaires recourent au retrait des investissements et aux sanctions pour demander des comptes aux entreprises, aux États et aux acteurs financiers privés, et garantir la réparation intégrale des dommages causés aux peuples et à la planète.
Les communautés renforcent l’action collective pour exercer leur souveraineté et prendre soin de leurs terres, produisent savoirs et éléments de preuve, et portent des solutions anticoloniales face à la crise climatique.
Communautés et mouvements obtiennent la responsabilisation des États et des acteurs privés au moyen de cadres juridiques contraignants garantissant la prévention, la réparation intégrale et les droits des peuples et de la nature.
Des économies du soin justes et féministes émergent comme alternatives aux systèmes répressifs, fondées sur le bien-vivre, la dignité, le soin collectif et la sécurité pour toutes et tous dans leur diversité.
Fin de la division sexuée du travail et de toutes les formes d’inégalité, reconnaissance du soin comme travail digne, droit au soin garanti comme responsabilité collective, et monde du travail sans violence ni harcèlement.
Un mouvement populaire mondial appelle à l’annulation des dettes injustes et illégitimes et défend le droit au défaut de paiement, vers un avenir social et économique durable fondé sur l’autodétermination et des systèmes de soin anticoloniaux.
Une architecture financière mondiale transformée, dans laquelle les communautés affectées participent activement et pleinement au financement du développement et défont les modèles néocoloniaux par l’analyse politique populaire.
Document
الشبكة العالمية للحقوق الاقتصادية والاجتماعية والثقافية
Document complet en arabe — PDF, s’ouvre dans un nouvel onglet
