À la suite des verdicts injustes prononcés dans ce qu’on appelle « l’affaire de la conspiration », dans le cadre d’un procès dépourvu des conditions minimales d’un procès équitable et du respect des droits fondamentaux des prévenu·e·s, la logique de punition collective et de maltraitance systématique visant les militantes et les femmes politiques se poursuit.
L’enlèvement de Chaima Issa, de manière humiliante et dans une démonstration de force, en plein cœur de la manifestation pacifique organisée par l’Association Tunisienne des Femmes Démocrates, avec la participation de nombreuses composantes de la société civile et politique pour protester contre les politiques de répression et la suspension de l’activité des associations, n’est qu’un symptôme supplémentaire d’une grave régression des droits et une nouvelle indication de l’orientation d’un régime de plus en plus hostile aux femmes.
La ciblisation des femmes défenseures des droits, la répression de l’espace civil et la mise sous silence de la voix des citoyennes et citoyens constituent une atteinte directe à l’esprit de la révolution et au droit des Tunisiennes et des Tunisiens à l’expression et à l’organisation. Cela confirme une fois encore le dangereux glissement vers des politiques de punition et de représailles, au lieu d’un engagement envers la justice et l’État de droit.
L’Association Tunisienne des Femmes Démocrates réaffirme sa solidarité totale avec Chaima Issa et avec toutes les femmes visées par la répression. Elle tient les autorités pour responsables de leur intégrité physique et psychologique, et exige la fin immédiate de ces politiques qui sapent l’espace démocratique, vident la justice de son sens et ramènent le pays à un carré de silenciation et de répression des voix libres.
L’Association souligne que la protection des droits des femmes et des libertés fondamentales est un devoir auquel nul ne peut renoncer, et que toute tentative de bâillonner la parole des femmes constitue une nouvelle agression contre la démocratie et l’État de droit en Tunisie.
Photo du journaliste-photographe Nourredine Ahmed

