De la Tunisie à l’Égypte, la solidarité féministe se poursuit…
Et la lutte pour les droits et les libertés continue…
Suite à la convocation de la défenseure des droits humains en Égypte, la Docteure Aïda Seif El-Dawla, par le parquet de Dokki pour comparaître devant le parquet de la Sûreté de l’État le dimanche 15 février 2026, dans l’affaire n° 809 de l’année 2026 – Haute Sûreté de l’État, sans précision des motifs de la convocation ni de la nature des accusations, l’Association Tunisienne des Femmes Démocrates exprime sa solidarité totale et inconditionnelle avec elle.
Pour rappel, la Docteure Aïda Seif El-Dawla, en tant que co-fondatrice du Centre El Nadim, est l’une des figures les plus éminentes de la défense des droits humains en Égypte et dans la région. Elle a consacré son long parcours professionnel et militant à la défense des victimes de torture et de violence, et à leur apporter un soutien psychologique et juridique, animée par la conviction profonde que la dignité humaine est indivisible, et que la justice est un droit fondamental que le silence ne saurait effacer ni la peur marchander.
Alors que l’ATFD suit cette évolution avec une vive inquiétude, elle :
Considère que la convocation d’une défenseure des droits dotée d’un tel parcours militant, sans justification juridique, constitue une atteinte grave à la liberté du travail associatif, et reflète un climat croissant de restrictions imposées aux défenseurs et défenseures des droits humains. Elle représente également un message d’intimidation à l’égard de toutes les voix féministes indépendantes qui continuent de dénoncer les violations et de défendre le droit à la liberté et à la dignité. Nous affirmons que le respect des garanties juridiques, la préservation du droit à la défense et les conditions d’un procès équitable constituent des obligations fondamentales auxquelles il ne peut être porté atteinte sous aucun prétexte.
Convoque l’histoire commune du mouvement féministe égyptien et tunisien, avec tout ce qu’il porte d’accumulation militante et de solidarité transfrontalière. Nous affirmons que cibler une militante de l’envergure d’Aïda Seif El-Dawla, c’est cibler toutes les défenseures de la liberté et de la justice sociale, toutes les femmes qui élèvent la voix face à la répression — dans un contexte plus large de blocus sécuritaire et de rétrécissement de l’espace civique.
En conséquence, l’Association Tunisienne des Femmes Démocrates :
Insiste sur la nécessité de respecter toutes les garanties constitutionnelles et légales qui lui sont dues, au premier rang desquelles le droit à la défense, le droit à un procès équitable et public, et le refus de toute procédure exceptionnelle ou arbitraire à son encontre.
Affirme que le travail pacifique pour les droits humains, la lutte contre la torture et le soutien aux victimes sont des activités légitimes qui ne peuvent être criminalisées ni entravées sous quelque prétexte que ce soit.
Appelle à la cessation immédiate de toute forme de ciblage des défenseurs et défenseures des droits humains, et à l’arrêt de tout blocus sécuritaire ou harcèlement judiciaire pesant sur l’espace civique.
Renouvelle son engagement ferme à poursuivre la lutte féministe et la solidarité transfrontalière pour la défense de la liberté d’organisation, d’expression et du travail associatif indépendant.
Déclare son attachement indéfectible aux principes de dignité, de liberté et de justice, et son refus de toutes les politiques qui cherchent à faire taire les voix féministes indépendantes ou à criminaliser la solidarité avec les victimes.
Au nom du Bureau Directeur
La Présidente, Raja Dahmani
Tunis, le 15 février 2026


